Contrat de sécurisation professionnelle : mode d’emploi

Depuis septembre 2011, des salariés visés par un licenciement économique peuvent bénéficier d’un « Contrat de sécurisation professionnelle ». Un dispositif qui leur propose un accompagnement personnalisé et un large éventail de prestations pour faciliter leur retour à l’emploi.

Le 1er septembre 2011,  la Convention de reclassement personnalisé (CRP) et le Contrat de transition professionnelle (CTP) ont été remplacés par le « Contrat de sécurisation professionnelle » (CSP) qui s’adresse aux salariés touchés par un licenciement économique dans une entreprise non soumise à l’obligation de proposer un congé de reclassement.

Les salariés licenciés pour raison économique ayant conclu ce Contrat de sécurisation professionnelle bénéficient notamment d’un accompagnement personnalisé vers le retour à l’emploi.

Par ailleurs, dans le cadre de ce CSP,  les salariés licenciés ayant plus d’un an d’ancienneté bénéficient pendant un an d’une allocation dite de « sécurisation professionnelle » d’un montant égal à 80% de leur salaire brut antérieur. Pour les salariés ayant moins d’un an d’ancienneté, l’allocation de sécurisation professionnelle est équivalente à l’allocation de retour à l’emploi (ARE).

Contrat de sécurisation professionnelle : comment procéder ?

Toutes les entreprises non soumises à l’obligation de proposer un congé de reclassement (c’est-à-dire celles de moins de 1000 salariés, en redressement ou en liquidation judiciaire), envisageant de procéder à des licenciements économiques, doivent proposer ce Contrat de sécurisation professionnel à chaque salarié concerné par le licenciement.

L’entreprise a l’obligation d’informer le salarié individuellement et par écrit du contenu du CSP. Un document qu’elle peut se procurer sur le site de Pôle Emploi et qu’elle devra remettre au salarié, contre récépissé, lors de l’entretien préalable au licenciement ou, s’il n’y a pas d’entretien préalable, lors de la dernière réunion de consultation des représentants du personnel.

Le salarié a 21 jours pour accepter ou refuser le Contrat de sécurisation professionnelle, l’absence de réponse étant considérée comme un refus.

Dans le cas où un entreprise ayant recours aux licenciements ne proposerait pas le Contrat de sécurisation professionnelle à ses salariés concernés, Pôle Emploi prend la relève et le propose au salarié à la place de l’entreprise… alors redevable à Pôle Emploi d’une contribution correspondant à deux mois de salaire brut. Une contribution portée à trois mois  de salaire lorsque le salarié accepte le CSP suite à la proposition de Pôle Emploi.

Un plan d’action pour le retour à l’emploi

Le Contrat de sécurisation professionnelle propose au bénéficiaire, via son « plan d’action », toute une batterie de prestations et un accompagnement personnalisé ayant pour objectif le retour à l’emploi.

Dans les 8 jours de son adhésion, le bénéficiaire du CSP aura un entretien individuel dit « de pré-bilan » qui permettra d’examiner  ses capacités professionnelles. Puis il pourra bénéficier d’un large éventail de prestations dans le cadre du plan d’action  : un bilan de compétences, un suivi individuel pour l’accompagner dans toutes les étapes de son projet professionnel, des mesures d’appui social et psychologique, des mesures d’accompagnement (préparation aux entretiens d’embauche, techniques de recherche d’emploi…), des actions de validation des acquis de l’expérience (VAE)…

Le bénéficiaire se verra proposer également des actions de formations, qui préparent à des métiers qui recrutent afin de permettre un retour rapide à l’emploi. Des périodes d’activités professionnelles en entreprise seront également possible afin de faciliter le retour rapide du bénéficiaire du CSP à un emploi durable.

Pendant la durée du CSP, le bénéficiaire de ce contrat conserve la qualité d’assuré, bénéficie du maintien de ses droits aux prestations du régime obligatoire d’assurance maladie, invalidité, maternité, décès, et  dispose d’une couverture au titre du régime des accidents du travail survenus par le fait ou à l’occasion des actions favorisant son reclassement.

Plan social : Michelin pourrait supprimer 700 postes

Le groupe Michelin se préparerait à supprimer 700 postes sur son site de Joué-lès-Tours en Indre-et-Loire. Le plan de sauvegarde de l’emploi sera dévoilé mercredi 12 juin prochain aux représentants du personnel.

Face notamment à la baisse de production dans son activité de pneus pour poids lourds, Michelin aurait pris la décision de procéder à une vaste restructuration qui impliquerait un plan de sauvegarde de l’emploi et la suppression de quelque 700 postes dans son usine de Joué-lès-Tours qui compte 930 salariés.

Cette information, révélée par le site Les Echos.fr et les syndicats de l’entreprise, a fait l’effet d’un coup de massue pour les salariés du groupe qui attendent maintenant d’en savoir plus sur les conditions de ce Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

Pour l’heure, la direction de Michelin n’a pas souhaité faire de commentaires et les détails de ce PSE seront connus lors d’un comité central d’entreprise extraordinaire qui se tiendra mercredi au siège du groupe, à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme.

Un investissement de 500 millions d’euros

Selon les premières informations qui filtrent via les médias ou les syndicats, Michelin aurait l’intention d’éviter les licenciements secs. Deux cents salariés pourraient bénéficier d’un plan de retraite anticipée, tandis que 500 autres seraient redéployés sur d’autres sites,  notamment à La Roche-sur-Yon, en Vendée. Dès ce matin, les ouvriers interrogés faisaient part de leur inquiétude d’être reclassés à 250 km de chez eux.

Le site de production de Joué-lès-Tours, dont l’activité de fabrication de pneus sera stoppée, ne devrait pourtant pas fermer puisqu’environ 200 salariés pourraient continuer à y exercer des activités annexes.

Parallèlement, le groupe devrait annoncer un investissement de 500 millions d’euros, centré sur la recherche et développement et la production, dont devrait bénéficier le site de La Roche-sur-Yon.

Inquiétude… et amertume

La direction de Michelin n’a pas souhaité faire de commentaires, mais l’équipementier avait déjà posé quelques jalons en annonçant fin 2012 que son activité poids lourds était sur-capacitaire de 50% en France, puis plus tard que des mesures de restructuration pourraient être prises si la situation ne s’améliorait pas.

Les salariés attendent donc l’annonce du PSE avec angoisse… et amertume, car le groupe Michelin a annoncé une hausse de ses bénéfices pour 2012. Le résultat opérationnel de Michelin a fait un bond de 25% l’année dernière pour atteindre 2,4 milliards d’euros.

Il s’agira du second plan social pour l’usine tourangelle dont 340 postes avaient déjà été supprimés en 2009.

Fabricant français de pneumatique, Michelin est l’un des leaders mondiaux dans son domaine puisque ses ventes le placent en deuxième position, derrière Bridgestone et devant Goodyear.

La multinationale au Bibendum est implantée industriellement dans 18 pays et possède une présence commerciale dans plus de 170 pays.

Fin 2012, le groupe Michelin employait 113 400 salariés dans le monde dont plus de 20 000 en France.

Panasonic Corporation : 5000 emplois sur la sellette

Le géant japonais Panasonic Corporation envisage de supprimer 5000 emplois d’ici 2016, essentiellement dans sa division industrie et automobile.

Confronté notamment à une concurrence étrangère féroce, et face à d’énormes pertes financières, le groupe Panasonic Corporation a engagé un vaste plan de restructuration dans l’objectif de retrouver sa rentabilité.

Dans ce cadre, le géant de l’électronique et de l’électroménager a annoncé son intention de procéder à 5000 suppressions de postes. Cette coupe dans les effectifs devrait s’effectuer durant les trois prochaines années.

La division automobile et industrie dans le viseur

Si la direction de Panasonic Corporation n’a pas encore donné de détails sur les sites et les emplois concernés par ces suppressions d’emplois, elle a toutefois confirmé que c’est sa division automobile et industrie qui sera touchée par cette décision. Une division qui compte plus de 100 000 salariés sur les près de 300 000 que compte le groupe.

Les responsables n’ont pas encore dévoilé non plus la forme que prendraient les départs : licenciements, départs à la retraite non remplacés, départs volontaires…

Ce n’est pas la première fois que Panasonic fait une coupe franche dans ses effectifs. Déjà, en 2009, la société avait annoncé la suppression de 15 000 emplois, puis après l’absorption de Sanyo et la réorganisation interne avec Panasonic  Electric Works, elle avait annoncé une nouvelle suppression de 35 000 postes entre 2010 et 2013.

Le 31 décembre 2012, le groupe enregistrait des pertes massives. Pour l’exercice 2012, l’entreprise affichait une perte nette de  7 milliards d’euros. Cette nouvelle coupe dans les effectifs n’est donc pas une surprise. Pour l’heure, les dirigeants ont fait savoir qu’ils restaient optimistes et qu’ils espéraient, grâce à cette réorganisation, redresser la barre d’ici 2014.

Les dirigeants restent optimistes

Spécialisée dans l’électronique grand public (téléviseurs, caméscopes, appareils photo, baladeurs, téléphones portables…), et pour les professionnels (caméras professionnelles, caméras broadcast, ordinateurs portables, fax, copieurs…), la Panasonic Corporation, autrefois filiale de Matsushita, est un groupe japonais basé à Osaka.

Panasonic Corporation est l’un des plus importants fabricants d’équipement électronique au monde et compte près de 600 entreprises. Sous les marques Panasonic, National, Technics et Quasar, le groupe fabrique et vend plus de 15 000 produits dans le monde.

En France, Panasonic est installé à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine et emploie plus de 160 personnes sur le site.

IBM France : près de 700 suppressions de postes dès 2013

Après avoir annoncé la suppression de plus de 1200 postes en France d’ici 2014, IBM France a détaillé son plan de restructuration lors d’un comité central d’entreprise, annonçant aux élus du personnel que près 700 postes allaient être supprimés dès cette année.

Le géant américain de l’informatique IBM annonçait fin avril la suppression de plus de 1200 emplois en France d’ici 2014, sur les 9700 que compte le groupe dans l’hexagone (lire notre article du 22 mai dernier).

Lundi, lors d’un comité central d’entreprise, la direction d’IBM France a détaillé son plan de réorganisation pour les élus du personnel. Et selon les délégués, ce sont près de 700 postes qui devraient être supprimés dès cette année via un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

La direction d’IBM n’a pas encore confirmé le nombre de suppressions de postes, mais selon les délégués du personnel, ce sont exactement 689 personnes qui seraient concernés par le plan de restructuration, et 1226 au total d’ici 2014.

Un plan « sans justification économique »

Dans un communiqué commun, les syndicats CFDT, CFE-CGC et UNSA d’IBM dénoncent « des suppressions de postes chez IBM sans justification économique », un « plan boursier pour assurer aux actionnaires un dividende de 20 $ par action en 2015 », et insistent largement sur le fait qu’« envisager de fonctionner en France avec autant d’emplois en moins ne peut qu’augmenter le stress et la souffrance au travail déjà élevés par le fait de la politique continue de réductions d’effectifs depuis plusieurs années ».

La CFDT notamment s’indigne : « IBM justifie ce plan massif de suppression de postes par des résultats économiques très décevants début 2013. Contrairement à ce que prétend la direction, l’analyse de la situation économique n’apporte pas d’argumentation sur une aggravation de la rentabilité d’IBM France nécessitant la diminution des effectifs ».

Le syndicat précise que « l’expertise intermédiaire réalisée à la demande du CCE confirme la non justification économique de ces suppressions de postes », et qu’IBM France « n’est pas en difficulté financière et ne peut donc pas justifier ce nombre de suppressions d’emplois ».

« Les résultats économiques sont bons »

Pour la CGT, qui rappelle que les licenciements annoncés devraient « ramener les effectifs français entre 8000 et 9000 personnes contre 32000 dans les années 90″, ces « nouveaux dégraissages vont s’opérer via un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de 689 postes auxquels s’ajoutent 129 postes redéployés par la mobilité. Sont plus particulièrement touchés, les consultants et les chefs de projet ainsi que les branches marketing, RH, finance ».

Le syndicat souligne : « Il n’est pas concevable de subir ces purges patronales, alors que les résultats économiques sont bons, les bénéfices en augmentation, et que la plupart des salariés IBM sont confrontés à des surcharges de travail et à des risques psychosociaux aggravés ».

La période de consultation devrait s’achever fin juillet et le Plan de sauvegarde de l’emploi pourrait être mis en œuvre dès le début du mois de septembre 2013.

La rupture conventionnelle continue sa progression

Après un démarrage en fanfare, la rupture conventionnelle aurait pu voir son succès s’éroder. Il n’en est rien. Même si son rythme de progression a ralenti, ce mode de rupture à l’amiable du contrat de travail à durée indéterminée, conclu entre employé et employeur, connait toujours un succès croissant et concerne aujourd’hui 16% des fins de CDI.

La nouvelle étude de la Darès* qui vient d’être publiée le montre clairement : la rupture conventionnelle a toujours la cote. Créée en août 2008, issue de la loi « portant sur la modernisation du marché du travail », ce mode de séparation à l’amiable entre un employeur et son employé continue de progresser, même si le rythme ralentit quelque peu.

En 2012, hors salariés protégés, le nombre de ruptures conventionnelles s’est élevé à 320 000, soit 11 % de plus qu’en 2011. La rupture conventionnelle a même concerné 16% des fins de CDI, un taux qui passe à 25 % pour les salariés âgés de 58 à 60 ans.

L’étude précise que si les ruptures conventionnelles sont davantage mobilisées par les petits établissements, c’est dans ceux comptant au moins 250 salariés que la part des 58 ans ou plus dans l’ensemble des ruptures conventionnelles est la plus élevée.

Ce sont 26 700 ruptures conventionnelles qui ont été homologuées chaque mois, en moyenne, en 2012.

Chiffres : dans le détail

Dès son entrée en vigueur en 2008, la rupture conventionnelle a rencontré un franc succès. D’août 2008 à la fin 2012, 1 076 000 ruptures conventionnelles ont été homologuées en France métropolitaine, hors salariés protégés.

Le nombre de demandes d’homologation a progressé rapidement au cours de la première année de mise en œuvre. Hors salariés protégés, le nombre de demandes mensuelles a dépassé les 10 000 en France métropolitaine dès le mois d’octobre 2008, puis les 20 000 à partir de juin 2009.

Depuis l’automne 2009, la progression s’est poursuivie, mais à un rythme plus modéré, puisque 23 900 demandes d’homologation ont été déposées chaque mois en moyenne en 2010, 26 200 en 2011 et 28 400 en 2012.

Dans le détail, 31 700 ruptures conventionnelles avaient été homologuées sur les cinq derniers mois de 2008 ; 191 800 l’ont été en 2009, 246 100 en 2010 (+29 % par rapport à 2009), 287 300 en 2011 (+17 % par rapport à 2010) et 319 900 en 2012 (+11 % par rapport à 2011).

L’étude démontre que le taux de recours à la rupture conventionnelle est plus élevé dans le tertiaire et la construction que dans l’industrie. La rupture conventionnelle a ainsi concerné 8,2 salariés pour mille dans l’industrie, en moyenne par an entre le début 2009 et la fin 2012, contre 13,8 pour mille dans la construction et 12,3 pour mille dans le tertiaire.

Les syndicats dénoncent des abus

Reste que certains observateurs et syndicats restent soupçonneux quant à l’utilisation massive de la rupture conventionnelle. La CGT remarque notamment que « trop de licenciements qui devraient être des licenciements économiques sont traités par ce mode de rupture (appelé abusivement par les employeurs licenciement à l’amiable) réduisant de manière importante les droits des salariés licenciés. Les statistiques démontrent une augmentation de cette forme de rupture au détriment des licenciements économiques, sans réduire le pourcentage des démissions ce qui prouve que l’intérêt de cette procédure n’est pas en faveur des salariés ».

Le syndicat met en garde les salariés contre d’éventuels abus et leur conseille de se faire assister : « Légalement, la rupture conventionnelle ne peut être imposée par l’une ou l’autre des parties. Mais dans la pratique, la subordination juridique dans laquelle se trouve le salarié par rapport à son employeur l’empêche de négocier son départ d’égal à égal. Il se voit souvent imposer une rupture du contrat de travail qu’il ne souhaitait pas vraiment, à des conditions qui lui sont défavorables ».

*Darès - Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques : service statistique ministériel dépendant du ministère du Travail.

Produits bureautiques : 338 suppressions de postes chez Ricoh France

Le fabricant japonais de produits bureautiques Ricoh, leader mondial dans son secteur, a annoncé son intention de mettre en œuvre une vaste réorganisation qui passe par la suppression de 338 postes en France, soit un peu plus de 13% de l’effectif dans l’hexagone.

C’est lors d’un comité d’entreprise extraordinaire qui s’est tenu hier, jeudi, que les délégués syndicaux ont pris connaissance du projet du leader mondial de produits bureautiques Ricoh de restructurer sa filiale française, en même temps que la confirmation de la suppression, probablement d’ici 2014, de 338 emplois en France sur les 2500 que compte l’entreprise dans l’hexagone.

Le centre de services partagés espagnol dans le viseur

Un choc, mais pas tout à fait une surprise pour les délégués qui soupçonnaient déjà le groupe de vouloir couper dans ses effectifs. Ils n’ont donc pas été étonnés de recevoir une convocation pour la réunion du comité d’entreprise avec pour ordre du jour la remise d’un document sur « le projet de réorganisation de Ricoh France et ses conséquences sociales ».

Selon la CGT, les raisons de cette restructuration et, du même coup, de ces suppressions de postes, seraient notamment la création d’un centre de services partagés pour l’Europe du Sud à Barcelone, en Espagne, ou encore l’arrivée d’un logiciel back office qui réduirait de près d’un tiers l’effectif des cadres.

Peu avant la réunion du comité d’entreprise, la CGT expliquait d’ailleurs ses craintes dans un communiqué : « Il y a environ  3 semaines, nous avons découvert les coupures de presse qui confirmaient nos nombreux doutes sur le choix du centre de services partagés. Après les nombreuses suppressions de postes du site de production de Colmar, nous avons vu et analysé de par ces éléments un grand danger pour les travailleurs de Ricoh France ».

Le siège de Rungis durement touché

Les syndicalistes expliquent avoir évoqué avec Enrique Calabuig, dirigeant de l’entreprise, leur besoin de transparence, et lui avoir rappelé « qu’en France, la GPEC (Gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences), outil obligatoire dans toutes les entreprises, devait nous apporter les éléments nécessaire et une vue claire des projets de la société à 3 ans afin de pouvoir réagir sur les métiers à risques et pouvoir faire évoluer les salariés vers d’autres métiers, et maintenir leur employabilité grâce, entre autre, à la formation ».

De son côté, la direction de Ricoh France a justifié sa décision en évoquant notamment « l’effondrement des marges » et la nécessité de tenter de sauvegarder sa compétitivité en mettant en œuvre une restructuration devenue indispensable.

Toujours selon les syndicats, sur les 338 postes supprimés, pas moins de 203 concerneraient le siège de Rungis dans le Val-de-Marne.

Créée en 1936, la compagnie japonaise Ricoh est devenue leader mondial des produits bureautiques. Le groupe fabrique  des produits électroniques, des appareils photos et de l’équipement de bureau, comme des photocopieurs, des fax et des imprimantes, des CD, DVD… Son siège est à Tokyo et Ricoh emploie plus de 100 000 personnes dans le monde. Ricoh France SA a été créée en 1986 et emploie près de 2500 personnes.

IBM : plus de 1200 suppressions de postes envisagées

Le géant américain de l’informatique IBM s’apprêterait à supprimer plus de 1200 postes en France. Une annonce dévoilée par les syndicats de la filiale française au terme du dernier comité central d’entreprise.

C’est à l’issue d’un comité central d’entreprise que les syndicats d’IBM ont annoncé qu’ils venaient d’avoir confirmation par la direction que le groupe envisageait de supprimer plus de 1200 postes dans l’hexagone d’ici 2014, sur les 9730 salariés que compte l’entreprise en France.

Dans un communiqué, les syndicats CFDT, CFE-CGC et UNSA d’IBM, ont dénoncé « des suppressions de postes chez IBM sans justification économique », précisant qu’ils ne pouvaient « accepter ces réductions incessantes d’effectifs alors qu’IBM Corp a la volonté affirmée d’augmenter de manière significative la distribution de dividendes aux actionnaires ».

Pour les syndicats, IMB doit « revoir sa copie »

Alors que la direction souligne ne pas avoir encore chiffré les suppressions d’emplois, et affirme dans un communiqué ne pas avoir pris de décision quant à un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), les syndicats « exigent de la compagnie qu’elle revoit sa copie sur ses objectifs de réduction d’emplois », et qu’elle « clarifie très vite les mesures qu’elle compte prendre pour qu’il n’y ait aucun licenciement en France ».

L’intersyndicale pointe du doigt un plan de suppressions de postes qui n’aurait, selon elle, comme seul objectif que de « servir à garantir aux actionnaires le passage de 11 $ à 20 $ par action », et ne cache pas son inquiétude également pour le personnel restant : « Envisager de fonctionner en France avec autant d’emplois en moins ne peut qu’augmenter le stress et la souffrance au travail, déjà élevés par le fait de la politique continue de réductions d’effectifs depuis plusieurs années ».

Menace sur le e-commerce : Dixons envisage de vendre Pixmania

Le groupe britannique Dixons Retail a annoncé son intention de se séparer de sa filiale de commerce en ligne Pixmania. S’il ne trouve pas de repreneur, le site français de e-commerce pourrait fermer définitivement.

Dans le monde du commerce en ligne, le marché est morose et la concurrence féroce. La nouvelle victime de cette conjoncture pourrait être Pixmania, le e-marchand français, dont les ventes ont chuté de 34 %. Un casse-tête pour son actionnaire britannique, le groupe Dixons Retail,  n°2 européen de la distribution d’électroménager et d’électronique grand public, qui songerait maintenant à vendre sa filiale, et même à la fermer définitivement si aucun repreneur ne se faisait connaître.

Dans un communiqué paru sur le site Internet de Dixons, le directeur général, Sébastian James, ne cache pas son inquiétude quant à l’avenir de Pixmania, même s’il affirme rester concentré sur une recherche de solutions.

Mise en œuvre d’un plan de restructuration

Créée en 2000, par deux Français, les frères Steve et Jean-Émile Rosenblum, la société de commerce en ligne Pixmania est alors spécialisée dans le tirage photos, les DVD, ou encore les jeux vidéo, avant de se diversifier.

En avril 2006, le groupe britannique DSG International (aujourd’hui, Dixons Retail) reprend 77 % du capital du groupe Fotovista, maison mère de Pixmania, pour 266 millions d’euros, valorisant ainsi la société à 345 millions d’euros.

En août 2012, Dixons rachète pour 10 millions d’euros les 22 % de l’actionnariat qui lui manquait pour prendre le contrôle totale de l’entreprise.

Mais Pixmania accumule les difficultés et face à une nouvelle baisse de son chiffre d’affaires, le site de commerce en ligne met œuvre un vaste plan de restructuration, avec l’objectif de recentrer son offre de produits sur ses «gammes historiques, que sont le high-tech et l’électroménager».

Conséquences de cette réorganisation : en février 21013, l’enseigne ferme ses 10 magasins français de Lille, Rosny, Paris, Boulogne, Lyon, Rennes, Toulouse, Marseille et Nice, avec à la clé un plan social et le licenciement de 150 salariés.

Dans le même temps, la société Pixmania a fermé ses boutiques en Espagne, en Belgique et au Portugal, et s’est retirée de 12 des 26 pays où elle était présente.

Plan d’économies : la Société Générale va supprimer 1000 postes dans le monde

Dans le cadre d’un vaste plan d’économies de 900 millions d’euros, la Société Générale prévoit la suppression d’au moins 1000 postes dans le monde dont 550 en France.

La direction de la Société Générale a annoncé, dans un communiqué, son intention de mettre en œuvre un large plan de réorganisation visant à économiser 900 millions d’euros d’ici 2015. Une décision qui implique la suppression de 1000 postes dans le monde, dont 550 au siège parisien du groupe.

Des chiffres qui pourraient n’être que provisoires puisque, lors d’une interview sur BFM Business, le directeur général délégué de la banque Jean-François Sammarcelli, a même informé que le chiffre de 1 000 postes serait « assez largement » dépassé, sans toutefois donner plus de précisions. Certaines agences devraient également être progressivement fermées.

Ce nouveau plan de restructuration, qui s’ajoute aux 550 millions d’euros de réduction de coûts réalisés en 2012, s’accompagne de 600 millions d’euros de coûts de transformation et d’investissements « et n’aura pas d’effet sur l’activité ».

Objectif : 1,5 milliard d’économies au total

La décision de la Société Générale intervient après deux années de chute de ses bénéfices et une année 2013 qui s’annonce morose. Le groupe explique qu’il a donc décidé « d’engager un programme d’amélioration de son efficacité, avec trois objectifs : réduire les coûts et renforcer la compétitivité, simplifier le fonctionnement du groupe et renforcer les synergies de moyens entre métiers ».  Selon la banque, « le plein effet de ce programme est attendu fin 2015 » et devrait  permettre « d’économiser au total environ 1,5 milliard d’euros sur la période 2012-2015 ».

Après un premier trimestre marqué par une chute de 50% de ses bénéfices nets à 364 millions d’euros, l’annonce de la réorganisation de la Société Générale a été saluée par les investisseurs.

Entre direction et syndicats, les négociations sont déjà bien avancées. Les licenciements ne devraient pas être à l’ordre du jour. Les organisations syndicales ont obtenu l’engagement de la direction qu’il n’y aurait aucun départ contraint et que seraient mis en place des plans de reclassement interne pour les salariés.

La Société Générale à la loupe

Société Générale est l’un des tout premiers groupes européens de services financiers. Le groupe, présent dans 76 pays, emploie 154 000 personnes, dont 60 000 en France, et revendique 32 millions de clients dans le monde entier.

Les équipes « Société Générale » proposent conseils et services aux particuliers, aux entreprises et aux institutionnels dans trois principaux métiers : la banque de détail en France avec les enseignes Société générale, Crédit du Nord et Boursorama; la banque de détail à l’international présente en Europe centrale et orientale, en Russie, dans le Bassin méditerranéen, en Afrique subsaharienne, en Asie et en Outre-mer ; la banque de financement et d’investissement avec son expertise globale en banque d’investissement, financement et activités de marché.

Société Générale est également un acteur significatif dans les métiers de services financiers spécialisés, d’assurances, de banque privée, de gestion d’actifs et des services aux investisseurs.

Chapitre : 271 suppressions de postes et des fermetures de librairies

Actissia, la maison-mère des librairies Chapitre, a annoncé lors d’un comité d’entreprise extraordinaire son intention de procéder à un plan de réorganisation qui implique 271 suppressions de postes et la fermeture ou la mise en vente d’un douzaine de librairies en province.

Après Virgin, c’est au tour d’une autre grande marque de biens culturels d’être touchée par les suppressions d’emplois. Actissia, numéro 2 de la distribution du livre en France, qui contrôle un réseau de 57 librairies sous l’enseigne « Chapitre », a décidé d’une vaste restructuration. A la clé, la fermeture ou la cession de 12 librairies Chapitre et  271 suppressions de postes sur les 1200 que compte le réseau : 73 via un plan de départ volontaire et 198 licenciements contraints.

Fermetures ou cessions de librairies

Cette réorganisation, baptisée « plan d’action » par la direction du groupe Actissia, prévoit la fermeture de 9 magasins sur tout le territoire (Lyon, Nancy Saint-Sébastien, Narbonne, Grenoble, Calais, Cannes, Boulogne-sur-Mer, Evreux, Dax) ainsi que 3 cessions de droit au bail (Belfort, Colmar et Toulouse).

Par ailleurs, les autres magasins devront diversifier leurs activités. Le public pourrait donc bien trouver prochainement des crèmes de beauté et compléments alimentaires à côté de la presse, des livres, CD et DVD.

La direction motive sa décision en évoquant la nécessité de faire face à « la situation critique » dans laquelle se trouve l’entreprise qui doit « faire l’objet d’un redressement rapide pour éviter de mettre en péril l’ensemble du réseau et de ses près de 1200 collaborateurs ».

Manifestation devant le siège

Dès l’annonce du plan social, les salariés de Chapitre se sont mobilisés. Lundi dernier, ils ont  manifesté leur colère devant le siège d’Actissia à Paris, profitant d’une visite de leur unique actionnaire, le fonds d’investissement américain Najafi Companies.

Dans le même temps, le syndicat majoritaire chez Chapitre, la CGT, a déploré « la destruction de nos métiers et la disparition des magasins du paysage culturel français », estimant que le fonds de pension américain, Najafi Companies, a racheté les librairies en 2011 « afin de faire main basse sur le e-commerce via Chapitre.com et le club France Loisirs ».

Les salariés reçus au ministère de la Culture

Les élus du comité d’entreprise ont également été reçus au ministère de la Culture et ont fait part de leurs inquiétudes.

Dans un communiqué, la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filipetti, a exprimé « sa préoccupation sur la situation du réseau » et affirmé qu’elle fait « de la situation des librairies, fragilisées du fait de plusieurs facteurs structurels, l’une des priorités de son action », soulignant sa « grande préoccupation quant à cette situation, les conséquences pour les salariés et la diffusion culturelle ».

La ministre a précisé que « les services de l’état en région seront mobilisés pour organiser dès à présent, en coordination avec les collectivités locales, des cellules opérationnelles chargées d’identifier des investisseurs locaux ou potentiels repreneurs ou de faire émerger des projets de réouverture de librairies dans les villes pour lesquelles la fermeture d’une librairie Chapitre posera de problèmes d’accès à l’offre culturelle ».

Actissia, numéro 2 de la distribution du livre en France, est un groupe de distribution multicanal spécialisé dans la culture, les loisirs, les services, avec notamment les marques France Loisirs, Le Grand Livre du mois ou Chapitre.com. Présidé par Jörg Hagen, le groupe compte 4500 collaborateurs.