Renault : 7500 suppressions d’emplois à l’horizon 2016

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Renault a décidé de « redimensionner » ses activités et de supprimer 7500 postes, sans plan de sauvegarde de l’emploi, sans départ volontaire, et sans fermeture de site, assure la direction du groupe… si l’accord est signé.

Coup de massue mardi dernier pour les salariés de chez Renault. Lors d’une réunion de négociation avec les syndicats (CFDT, CFE CGC, CGT et FO) la direction de Renault a dévoilé un projet de restructuration de grande ampleur, qui implique la suppression de 7500 postes d’ici trois ans, contre l’engagement qu’il n’y aurait  ni départs volontaires, ni licenciements secs ou économiques. Un plan qui permettrait, selon la direction, le recrutement de 760 personnes « sur des compétences critiques ».

Pour répondre aux enjeux

Dans un marché de l’automobile en berne, la direction veut ainsi « redimensionner les activités des métiers de Renault basés en France afin de répondre à plusieurs enjeux : conserver les activités corporate de Renault en France, recentrer les fonctions ingénierie et tertiaires sur leurs activités stratégiques « cœur de métier » pour Renault, assurer au sein de chaque métier l’équilibrage des ressources entre les différents territoires de développement de l’entreprise ».

Lors de cette réunion, pour les principaux métiers de Renault (ingénierie, achats, commerce, fonctions supports, manufacturing), une vision stratégique a été présentée, précisant le rôle des activités centrales et régionales localisées en France et des activités basées dans les régions.

Par ailleurs, le directeur des opérations France, Gérard Leclecq, a effectivement précisé que «   si un accord était signé avec les organisations syndicales, ce redéploiement des effectifs ne nécessiterait ni fermeture de site, ni plan de sauvegarde de l’emploi, ni plan de départ volontaire. » 

Une économie de 400 millions d’euros

Selon la direction, les départs naturels et ceux liés au dispositif GPEC en cours (Gestion prévisionnelle des emplois et compétences) sont estimés à 5700 entre 2013 et 2016. Mais au-delà de ces départs naturels qui ne seraient pas remplacés, Renault estime qu’un ajustement supplémentaire est nécessaire afin d’arriver à une baisse d’effectif globale de 7500 postes d’ici 2016. Pour ce faire, le groupe a proposé de prolonger l’accord GPEC jusqu’à 2016 et de l’élargir. Ainsi, le DACS (Dispense d’Activité des Carrières Spécifiques), un dispositif d’accompagnement des salariés en fin de carrière) sera élargi à tous les collaborateurs.

L’entreprise espère ainsi réaliser une économie de quelque 400 millions d’euros et retrouver une marge de manœuvre pour : « investir, développer et renouveler sa gamme, doter sa base nationale d’une compétitivité améliorée ; atteindre un niveau de performance industrielle et économique créant les conditions d’obtention d’activités complémentaires dans les usines », et réaliser » des recrutements dont elle a besoin pour l’avenir » .

« Une saignée qui va affaiblir Renault »

Le groupe Renault reste persuadé qu’à l’horizon 2016, « dans la perspective d’une restauration progressive du marché européen, la mise en place d’un tel accord permettrait ainsi d’avoir une croissance de la production en France plus soutenue que celle du marché européen« .

Avec ce régime minceur, la marque au losange passerait ainsi d’environ 44 600 salariés à un peu plus de 37 000. Mais le nombre de 7500 suppressions d’emplois pourrait sans doute être révisé à la hausse. C’est du moins ce que croit savoir le journal Le Parisien qui évoque aujourd’hui une nouvelle estimation à 8260 suppressions d’emplois.

Pour les syndicats, et notamment la CGT,  il s’agit-là « d’une nouvelle saignée dans les effectifs qui va encore affaiblir Renault ». Pour le syndicat, les perspectives de Renault sont inenvisageables : « L’objectif de la direction est de produire autant, avec au moins 5000 ouvriers en moins. (…) La direction nous dessine un modèle de Nissan Sunderland où un ouvrier quitte l’entreprise parce qu’il ne tient plus les cadences, ou est licencié pour inaptitude. (…) La situation va être intenable pour ceux qui vont rester« .

En attendant, l’annonce de la direction a entraîné de nombreux débrayages dans plusieurs usines du groupe. Une nouvelle réunion est prévue le 22 janvier prochain.

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