PSA Peugeot Citroën : le plan social est validé, sans la CGT

Après des mois de négociations, le comité central d’entreprise a validé lundi dernier le plan social chez PSA Peugeot Citroën donnant ainsi le coup d’envoi à une réduction massive d’effectifs et la fermeture de l’usine d’Aulnay.

A l’occasion de la réunion du comité central d’entreprise qui s’est tenue lundi, cinq organisations syndicales sur six (CFE/CGC, CFDT, CFTC, FO et SIA/GSEA)  ont donné un avis favorable sur les mesures d’accompagnement du plan de réorganisation industrielle de PSA Peugeot Citroën. Seule la CGT s’y est opposée.

Toutefois, l’ensemble des syndicats a émis un avis défavorable concernant le volet des réductions d’effectifs. Il s’agissait de la dernière consultation avant la mise en œuvre du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

Ce vaste plan de restructuration engagé par PSA prévoit la suppression de 8000 postes, la fermeture en 2014 de l’usine d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis (avec la suppression de 3000 postes), et la suppression d’un poste sur quatre à Rennes, en Ille-et-Vilaine, (soit 1400 postes sur 5500). Les autres suppressions d’emplois concernent les différentes structures du groupes.

« Des comités d’établissement vont être organisés dans les jours qui viennent sur l’ensemble des sites concernés du groupe en France. A l’issue de ces comités, les mobilités pourront commencer » a indiqué la direction de PSA.

CGT : « un plan de la honte »
Direction : « un dialogue social constructif »

La Fédération CGT de la métallurgie et le syndicat Sud d’Aulnay-Sous-Bois avaient porté le dossier sur le terrain judiciaire, avant d’être débouté le 26 avril par le Tribunal de grande instance de Paris.

Dans la foulée, la direction de PSA Peugeot Citroën a rappelé dans un communiqué que le Plan de sauvegarde de l’emploi « a donné lieu à un dialogue social constructif et qu’il a fait l’objet, après dix séances de négociations, d’un accord majoritaire qui a reçu l’aval de cinq organisations syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC, FO, GSEA) représentant 76% des salariés », soulignant au passage que ce PSE « offre à tous les salariés concernés des solutions de reclassement à l’intérieur ou à l’extérieur du groupe ».

A Aulnay, la CGT continue à s’opposer à cette restructuration et a décidé la poursuite d’une grève qui a débuté le 16 janvier pour lutter contre ce qu’elle qualifie de « plan de la honte » : «  un plan inacceptable et injustifié, quand on sait que les actionnaires vont se mettre 350 millions d’euros dans la poche ! La crise automobile, c’est pour les salariés, pas pour les actionnaires » a déploré le cégétiste Jean-Pierre Mercier dans les médias.

Plus de 11000 suppressions de postes

C’est en juillet dernier que le groupe PSA Peugeot Citroën a informé de ce plan de réorganisation de grande ampleur, annonçant la restructuration du site de Rennes, la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois et la suppression de milliers de postes. Tout en promettant « un dialogue social exemplaire » et « zéro licenciement ».

Passé le choc, les syndicats faisaient leurs comptes : avec les départs liés au Plan de départs volontaires engagé en 2012, ce sont plus de 11 200 emplois qui devraient être supprimés chez le constructeur automobile entre mai 2012 et mai 2014.

Le coût de ce plan social a été estimé à 600 millions d’euros par le cabinet d’expertise Secafi.

Danone supprime 900 postes en Europe : la France n’est pas épargnée

La direction du groupe agroalimentaire Danone a confirmé qu’elle supprimera dans les deux ans environ 900 postes en Europe, dont 236 en France, dans le cadre de son plan d’économies.

Les syndicats de Danone l’avaient annoncé. La direction vient de le confirmer lors de son assemblée générale : Danone s’apprête à supprimer environ 900 postes managériaux et administratifs en Europe (soit 10% de ses effectifs cadres), dont 236 postes de cadres en France.

Les dirigeants du groupe agroalimentaire ont précisé que ces suppressions de postes auront lieu dans les deux ans qui viennent et se feront sur une base volontaire en privilégiant la mobilité interne.

Ce plan de restructuration a pour objectif de relancer les ventes européennes, en recul de 3% l’année dernière, alors que les ventes hors Europe, qui représentent désormais 60 % du chiffre d’affaires, ont progressé de plus de 10 %.

Objectif : 200 millions d’économies en Europe

Cette annonce n’est pas une surprise : en décembre dernier, le groupe Danone avait annoncé qu’il envisageait la mise en œuvre d’un vaste plan d’économies : « Face à la dégradation durable de la conjoncture économique et des tendances de consommation en Europe entraînant une baisse significative de ses ventes dans cette partie du monde, Danone souhaite lancer un plan d’économies et d’adaptation de ses organisations pour regagner de la compétitivité ».

La direction expliquait alors : « L’objectif de ce plan, dont la mise en œuvre s’étalera sur deux ans, sera pour le groupe d’ajuster ses coûts au nouveau contexte en réalisant environ 200 millions d’euros d’économies en Europe. Il visera à diminuer les frais de fonctionnement du groupe et de ses filiales européennes mais aussi à adapter les organisations managériales en Europe, conçues pour accompagner des marchés en croissance. »

Pour la CGT, « il n’y a aucune raison de faire un soi-disant plan économique qui n’est qu’un enrichissement des actionnaires. Il n’y a aucune problème financier dans le groupe, ce plan a uniquement pour objectif de faire de la rentabilité pour les actionnaires ».

Si la direction s’est engagée à ce qu’il n’y ait aucun licenciement sec ni aucune fermeture de site, Denis Enfert, représentant CGT, estime  toutefois dans un communiqué qu’on ne pouvait être « sûr de rien » et que son syndicat est « totalement opposé à ce plan ».

Plus de 20 milliards de chiffre d’affaires

Le groupe Danone est présent sur les 5 continents et bénéficie de positions de leader de l’alimentation santé autour de quatre métiers : les produits laitiers frais, la nutrition infantile, les eaux en bouteille et la nutrition médicale.

Danone compte plus de 190 sites de production et environ 102 000 collaborateurs dans le monde. En 2012, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de plus de 20 milliards d’euros, dont plus de la moitié est réalisée dans les pays émergents.

Coté sur Euronext Paris, Danone est également classé dans les principaux indice de responsabilité sociale: Dow Jones Sustainability Index, ASPI Eurozone et Ethibel Sustainability index.

 

Fin de Pétroplus : les 470 salariés de la raffinerie licenciés

Les deux dernières offres de reprise de la raffinerie de Petit-Couronne ayant été rejetées mardi par le Tribunal de commerce de Rouen, les 470 salariés de Pétroplus vont recevoir leur lettre de licenciement.

Le couperet est tombé mardi sur Pétroplus. Les deux dernières offres de reprise de la raffinerie de Petit-Couronne, en Seine-Maritime, n’ayant pas été jugées assez fiables, ont été rejetées par le Tribunal de commerce de Rouen.

Une décision qui condamne le site, en sursis depuis plus d’un an, et laisse 470 salariés sans emploi, qui se préparent aujourd’hui à recevoir leur lettre de licenciement. Une centaine d’entre eux pourraient être reclassés dans l’industrie pétrolière dans la vallée de la Seine où fonctionnent deux autres raffineries.

La décision du Tribunal a, en effet, immédiatement entraîné la cessation d’activité définitive de l’usine de Petit-Couronne et la procédure de licenciement collectif va être enclenchée. Un comité d’entreprise s’est déjà réuni pour rendre son avis sur le Plan de sauvegarde de l’emploi.

L’espoir jusqu’au dernier jour

Ouverte en 1929, sous le nom de Société maritime des pétroles, exploitée alors par Shell, celle qui est aujourd’hui la plus vieille raffinerie de France est cédée en 2008 à Pétroplus. Le site de Petit-Couronne s’étend sur 225 hectares. La raffinerie possède alors une capacité de 161 000 barils par jour, emploie environ 500 salariés et fait travailler bon nombre de sous-traitants.

Le 24 janvier 2012, la raffinerie, en difficulté suite à la faillite de sa maison mère, dépose son bilan. Puis sa liquidation est prononcée en octobre 2012 par le Tribunal de commerce de Rouen. Cependant, la justice autorise la poursuite de l’activité jusqu’au 16 avril 2013, ainsi que la recherche d’un repreneur.

Depuis cette date, le tribunal a repoussé à de nombreuses reprises la date limite de dépôt des offres de repreneurs et des dizaines de candidats à la reprise se sont fait connaître, sans qu’aucun ne soit jugé assez crédible. Jusqu’à mardi, les salariés de la raffinerie ont gardé un espoir, même infime, de sortir de l’impasse.

Mardi, les deux dernières offres, celles du panaméen NetOil et du  Libyen Murzuq Oil, n’ont donc, elles non plus, pas été jugées assez sérieuses par le Tribunal et le miracle tant attendu n’a pas eu lieu.

Maintenant, la dépollution

Les ministres du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et de l’Emploi, Michel Sapin, après avoir « pris acte » de la décision du tribunal de commerce, ont rendu hommage aux salariés du site « qui ont su mener une lutte exemplaire et responsable », et promis d’œuvrer à leur reclassement. Les deux ministres ont estimé que « rien n’aurait été pire qu’une solution précaire qui aurait finalement nui aux salariés et à leurs familles ».

Au-delà du drame humain, il va falloir maintenant penser à la dépollution du site.

En l’absence de propriétaire solvable, c’est à l’Etat d’assumer le coût de la dépollution et régler une facture qui pourrait atteindre des dizaines voire des centaines de millions d’euros.

Thomas Cook : 172 suppressions de postes et des fermetures d’agences

Dans le cadre d’une vaste restructuration destinée à restaurer la rentabilité de ses activités en France, le voyagiste Thomas Cook se réorganise et annonce la suppression de 172 postes et la fermeture d’agences.

L’information avait déjà filtré, via les syndicats, la direction de Thomas Cook l’a confirmée sur son site internet le 16 avril : afin de restaurer la rentabilité de ses activités en France, le voyagiste met en place un grand plan de réorganisation qui passera par la suppression de 172 postes environ d’ici la fin de l’exercice fiscal 2013-2014, sur les 1225 postes que compte la branche française du groupe.

Les objectifs de la réorganisation

La direction précise que ce projet a pour objectif « de permettre à Thomas Cook France d’adapter ses activités et son organisation aux évolutions actuelles du marché du tourisme et de loisir, tout en répondant plus efficacement aux nouvelles attentes des consommateurs, dans le cadre de la stratégie de croissance du groupe Thomas Cook ».

Le groupe vient donc de soumettre son projet de transformation à ses instances représentatives du personnel « en demandant leur soutien pour construire notre avenir à long terme ».

A l’issue de ce processus de consultation, en plus des suppressions d’emplois, le plan de transformation prévoit également : la mise en place d’une nouvelle direction, le redimensionnement et la modernisation de son réseau d’agences de voyages à travers le regroupement, la relocalisation ou la fermeture de certaines d’entre elles.

Selon la direction, 23 agences intégrées pourraient être fermées d’ici la fin de l’exercice fiscal 2013-2014 parmi les 600 agences intégrées et affiliées de Thomas Cook.

« Rester un acteur majeur du tourisme en France »

Les 172 suppressions de postes envisagées concernent principalement les activités de Tour Opérateur et de distributeur.

La direction de Thomas Cook France assure de sa volonté de minimiser l’impact de cette décision en proposant à ses collaborateurs concernés « des mesures d’outplacement leur permettant de retrouver un nouveau travail ». Ceux qui changeront de poste ou de localisation géographique « se verront proposer des formations et des mesures d’accompagnement ».

Le président de Thomas Cook France, Michel Rességuier, souligne à ce sujet : « Nous devons prendre des décisions difficiles pour redresser nos activités. Ce n’est jamais facile lorsque cela affecte nos collaborateurs (…) Mais nous devons restructurer notre organisation pour sauvegarder les emplois. (…) Nous devons effectuer ces changements importants pour retrouver une croissance rentable et continuer à être un acteur majeur du tourisme en France ».

Selon les syndicats, la première réunion visant à lancer officiellement ce plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) devrait avoir lieu le 25 avril prochain.

Thomas Cook en chiffres

Le groupe Thomas Cook dans le monde, c’est plus de 3400 points de vente, 31000 collaborateurs, 22 marchés, 21 millions de clients, 2000 destinations, une flotte de 91 avions, et un chiffre d’affaires en 2012 de plus de 11 milliards d’euros.

En France, Thomas Cook est le deuxième Tour Opérateur et le premier réseau intégré de distribution sur le marché du tourisme de loisirs avec près de 700 points de vente, aux couleurs de ses trois marques : Thomas Cook (560 agences en France), Jettour (100 agences en France) et Aquatour (20 agences implantées dans le nord de la France).

La division « Eau » de Veolia va supprimer 1500 postes en France

Dans le cadre d’un plan d’économies et de réorganisation, la branche « eau » de Veolia va procéder à la suppression de 1500 postes en France, via un plan de départs volontaires.

C’est à l’issue d’un comité central d’entreprise extraordinaire que les syndicats ont annoncé, dans un communiqué, la décision de la direction de la branche « eau » de Veolia de se séparer de 1500 postes, soit 10% de son effectif en France.

Ces suppressions de postes, qui concernent principalement les activités d’exploitation, devraient avoir lieu via un plan de départs volontaires. Le recours aux licenciements n’a pas été évoqué pour le moment. La direction a affirmé vouloir éviter « tout départ contraint » et souligné qu’elle aura recours à des solutions de reclassement et de mobilité interne.

Des inquiétudes mais pas de surprise

Même si cette annonce a inquiété les salariés et leurs représentants, elle n’a pas surpris les syndicats puisque ces suppressions de postes interviennent dans le cadre d’un vaste plan de transformation et d’économies engagé voilà deux ans par Veolia et baptisé « Hellebore ».

Dans son communiqué, la CGT dénonce l’ouverture d’une « soi-disant négociation pour l’emploi (…) » ainsi qu’un « plan de départs volontaires qui est en réalité un plan social », craignant que le nombre de suppressions d’emplois dépasse au final les 1500 postes annoncés.

Les négociations ont donc commencé entre les syndicats et la direction, cette dernière souhaitant un « accord global pour l’emploi pour adapter la structure de ses emplois et de ses effectifs ».

Veolia en quelques chiffres

Veolia Environnement est présent sur les 5 continents où le groupe intervient dans trois activités : la gestion de l’eau, la gestion des déchets, et la gestion énergétique.

En France, Veolia Environnement travaille avec plus de 100 000 collaborateurs, soit plus de 30% de l’effectif global du groupe et a réalisé en 2011 un chiffre d’affaires de 11,5 milliards, soit 40% du chiffre d’affaires global (hors Transdev).

Veolia Eau est numéro 1 mondial dans son secteur, emploie plus de 95 000 collaborateurs dans 69 pays et a réalisé, selon son site internet, un chiffre d’affaires de 12,6 milliards d’euros en 2011.

En France, toujours selon son site, la division « eau » de Veolia recense 136 agences locales et plus de 30 000 salariés.

Accor : le groupe hôtelier se prépare à supprimer 172 postes

Accor a décidé de procéder à la suppression de 172 postes. Le groupe hôtelier précise qu’il ne s’agira pas de licenciements mais d’un plan de départs volontaires.

L’information a d’abord été révélée par un communiqué du « Collectif Accor CGT », avant d’être confirmée par la direction du groupe hôtelier. Dans le cadre d’un vaste plan d’économies, le groupe Accor a décidé de supprimer 172 postes. Il ne serait pas question de licenciements, mais d’un plan de départs volontaires.

Selon la CGT, ces suppressions de postes concerneraient : 55 postes chez SMI Support (vente, marketing, informatique…) et 117 postes au siège d’Accor SA, soit 10% des effectifs (1 117 salariés au total).

Un plan d’économies de 100 millions sur deux ans

Le groupe Accor a accusé une perte nette de 599 millions d’euros sur son exercice 2012. Lors de la présentation des résultats, le PDG, Denis Hennequin, avait déjà évoqué un plan d’économies de 100 millions d’euros sur 2013 et 2014.

Sur Europe 1, le directeur général, Yann Caillère, a souligné que « ce plan de départs volontaires s’inscrit dans notre plan de réduction de coûts », confirmant au passage le plan d’économies et notamment l’intention du groupe de s’alléger de 200 hôtels en France.

Cependant, le responsable a également informé que le groupe continuerait à embaucher dans ses hôtels : « Nous allons être sur un rythme d’embauche d’environ 4 000 à 5 000 personnes par an dans les hôtels. Nous allons embaucher dans toute la partie service, c’est-à-dire la réception, les femmes de chambre, la cuisine… ».

De son côté, le collectif CGT dénonce : « un dialogue social déloyal dans lequel la direction s’est laissée aller à des postures contestables et illégales (…) » et affirme être déjà engagé « dans un contentieux judiciaire  en vue d’obtenir qu’il soit mis un terme à ces manquements et entraves au droit du travail ».

Le groupe hôtelier français Accor est le premier opérateur hôtelier mondial. Il est présent dans 92 pays où il compte près de 3500 hôtels, soit quelque 450 000 chambres. Il compte également 160 000 employés sous enseignes. En France, Accor représente 31% du parc hôtelier et plus de 1500 hôtels.

Virgin Megastore : un plan social et des offres de reprise

La direction de Virgin a annoncé qu’elle présentera aux représentants du personnel un premier projet de Plan de sauvegarde de l’emploi lors du prochain comité d’entreprise qui doit se tenir le 19 avril prochain.

L’inquiétude est à son comble dans les rangs des salariés de Virgin Megastore. Vendredi, lors d’un comité d’entreprise extraordinaire, la direction de l’enseigne de biens culturels a annoncé qu’elle présentera un projet de Plan de sauvegarde de l’emploi lors de la prochaine réunion du comité d’entreprise le 19 avril. Elle n’a pas précisé le nombre de postes qui seraient concernés par ce plan social.

Les discussions sur ce projet devraient débuter lors du comité d’entreprise extraordinaire suivant qui devrait se tenir le 26 avril.

Cinq offres de reprise

Pour l’heure, cinq offres de reprise partielle ont été présentées qui doivent être améliorées puis examinées par le Tribunal de commerce le 23 mai dans leur version définitive.

Cependant, aucune offre de reprise n’a été présentée pour le fleuron de l’enseigne Virgin, son prestigieux magasin des Champs-Elysées à Paris, qui emploie 184 salariés.

Selon l’intersyndicale (FO, CGT, CFE-CGC et Sud) de Virgin, qui s’exprime dans un communiqué commun, « l’offre la plus conséquente ne porte que sur 11 magasins, (285 salariés dont 21 postes administratifs). Elle émane de la société Rougier et Plé (NDLR : fournisseur de matériels pour les métiers d’arts et loisirs créatifs), candidate à la reprise des établissements de Rennes, Plan de campagne, Dunkerque, Grands Boulevards, Avignon, La Défense, Nice Barbès, Carré-Sénart, et Saint-Quentin (…). Il y a par ailleurs un projet de reprise pour la magasin de Bayonne qui reprendrait l’intégralité des salariés, et une offre pour le magasin de Barbès, avec le maintien dans l’emploi de 10 salariés (…) ».

Les organisation syndicales regrettent que « contrairement aux attentes des salariés, aucune offre de reprise globale n’a été formulée », et assurent qu’elles vont étudier ses offres avec le plus grand soin. Elles évoquent également deux offres de rachat de droit au bail ou de résiliations amiables de baux, mais soulignent que ces projets « ne maintiennent aucun emploi » et « serviront à rembourser la dette ».

« La situation ne permettra pas de financer un plan social »

La chaîne Virgin avait été rachetée au Britannique Richard Branson en 2001 par le groupe Lagardère. En 2008, l’enseigne passe dans les mains du groupe Butler Capital Partners qui devient actionnaire majoritaire après avoir acquis 80% des parts.

Ces dernières années, le chiffre d’affaires de l’enseigne n’a cessé de baisser,  comme en témoigne le site internet du groupe. Des difficultés que la direction de Virgin attribue notamment à des loyers trop élevés, et à la chute des ventes de CD, DVD et maintenant des livres.

Toujours est-il que Virgin, qui emploie un millier de salariés et possède 26 magasins en France, a été placée en redressement judiciaire en janvier dernier.

Aujourd’hui, pour l’intersyndicale, une chose est sûre : « la situation telle qu’elle se présente ne permettra pas de financer un plan social. Il va falloir continuer à se battre pour que nos actionnaires mettent la main à la poche », ajoutant que Butler, qui a déjà entamé les discussions « doit maintenant faire une offre à la hauteur de la situation ».

L’appel à Lagardère

Les syndicats ont également fait appel à Lagardère, actionnaire historique de Virgin et selon eux, « premier responsable de la mise en redressement judiciaire », lui demandant de « prendre ses responsabilités ».

Un appel resté lettre morte semble-t-il  : « Il n’a même pas eu la décence de répondre au courrier des organisations syndicales qui lui demandaient d’entrer en négociation et d’abandonner la créance de 6,5 millions d’euros qu’il a eu l’outrecuidance de déposer auprès du Tribunal de Commerce ! Afin de le contraindre à répondre à nos attentes, nous demandons à tous nos collègues de bloquer dans les magasins tous les stocks de livres Hachette : s’il veut récupérer sa marchandise, qu’il s’engage déjà à abonder au futur PSE qui malheureusement se profile ».

En attendant, les salariés ont déjà décidé d’une manifestation nationale d’envergure dont la date n’est pas encore fixée.

Siemens : 3000 suppressions de postes à l’horizon 2014

Le groupe Siemens envisage de supprimer 3000 postes d’ici 2014 afin de redresser ses profits. Le géant allemand espère ainsi économiser 6 milliards d’euros.

Après avoir annoncé fin 2012 la suppression de plus de 1000 postes dans sa division énergie, le groupe Siemens, par la voix de son patron, Siegfried Russwurm, vient d’annoncer son intention de supprimer 3000 postes de plus, d’ici la fin 2014 dans sa division industrie cette fois.

Cette décision intervient dans le cadre d’un vaste plan d’économies engagé à l’automne dernier, par le fabricant allemand, dans l’objectif de redresser les profits du groupe.

Une économie de 6 milliards à la clé

Aux suppressions d’effectifs, devraient s’ajouter d’autres mesures d’économies qui permettraient à la société, selon le responsable, de réaliser des gains de productivité de plus d’1 milliard dans la division industrie.

A terme, Siemens espère que ces grandes manœuvres lui permettront d’économiser au total 6 milliards d’euros d’ici la fin 2014.

Groupe international allemand fondé en 1847, spécialisé dans les hautes technologies, Siemens est présent sur les secteurs de l’industrie, de l’énergie, de la santé et des infrastructures. Son siège est à Munich. Présent dans 190 pays, le groupe emploie près de 400 000 personnes dans le monde.

Siemens est bien implanté en France où il emploie environ 7000 personnes, sur 8 sites de production et 7 centre de recherches et développement dont 6 centres de compétences mondiaux.

Siemens France réalise plus d’un tiers de son chiffre d’affaires à l’export. En 2011, selon le site du groupe, Siemens en France a enregistré un volume d’entrées de commandes de 2,4 milliards d’euros.

Plans de licenciements économiques : la réforme votée à l’Assemblée

C’était l’une des dispositions phare du projet de loi relatif à la sécurisation de l’emploi signée le 11 janvier dernier. Lundi 8 avril, les députés ont adopté la réforme de la loi sur les plans licenciements économiques, avant d’adopter mardi l’ensemble du projet de loi sur l’emploi.

Lundi, les députés ont donc adopté une profonde réforme des règles encadrant les licenciements économiques. Dans ses grandes lignes, ce texte, qui va modifier une partie importante du code du travail, change la procédure des licenciements économiques, raccourcit les délais et limite les appels à la procédure judiciaire.

Cette loi est le fruit de l’accord national interprofessionnel (ANI) conclu en janvier entre le patronat et trois syndicats : la CFDT la CFTC et la CFE-CGC. Des mesures d’assouplissements des plans de licenciements économiques rejetées par deux des cinq syndicats présents à la table des négociations,  la CGT et FO, et qui a divisé également la majorité de Gauche à l’Assemblée.

Plans de licenciements : nouveau mode d’emploi

Dorénavant, les plans de licenciements économiques, baptisés depuis 2000 « Plan de Sauvegarde de l’emploi » (PSE), ne pourront plus faire l’objet d’un recours devant le tribunal de grande instance.

Ils devront avoir fait l’objet d’un accord avec les syndicats ou délégués du personnel majoritaires, dans un court délai de 3 mois.

Si les négociations n’aboutissent pas, faute d’accord, c’est l’administration du travail qui reprend le flambeau et devra valider le plan dans les 15 jours. Cette dernière ne se prononcera que sur le respect de la procédure et des règles, mais pas sur l’existence d’un motif économique réel et sérieux.

Un salarié licencié pour motif économique pourra continuer à contester son licenciement devant un juge civil.

Une autre proposition, adoptée à l’unanimité celle-ci, oblige désormais une entreprise de plus de 1000 salariés, qui envisage la fermeture de l’un de ses établissements, à rechercher un repreneur.

La réforme sur l’emploi adoptée dans son ensemble

Le lendemain, mardi 9 avril, sur fond de mouvement de  grève et alors que des centaines de manifestants se réunissaient « contre cet accord scélérat » à l’appel des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires, c’est l’ensemble du projet de loi sur l’emploi qui était adopté par les députés à l’Assemblée par 250 voix contre 26.

Ces nouvelles dispositions prévoient notamment que les entreprises puissent négocier des baisses de salaires en échange d’un maintien des effectifs, et leur accordent plus de flexibilité. Cette loi crée aussi de nouveaux droits pour les salariés comme l’accès élargi aux mutuelles.

Ce texte sera examiné par le Sénat à partir du 17 avril prochain. Le Gouvernement souhaite que la réforme s’applique dès le mois de mai.

Hewlett-Packard France revoit ses suppressions de postes à la baisse

La multinationale américaine Hewlett-Packard vient de réviser à la baisse son plan de suppressions de postes en France. Ce sont 300 postes qui seront supprimés dans l’hexagone au lieu des 520 prévus initialement.

En mai 2012, alors que ses ventes baissent dans quasiment tous les secteurs et qu’il accuse une perte nette historique de près de 9 milliards de dollars, le géant américain de l’informatique Hewlett-Packard (HP) annonce un vaste plan social impliquant la suppression de 27000 postes dans le monde d’ici 2014.

Quatre mois après, en septembre dernier, ce plan social est revu à la hausse. Quelque 2000 emplois viennent rejoindre le bataillon des suppressions de postes et ce sont alors 29000 emplois qui sont menacés.

La directrice générale du groupe, Meg Whitman, explique alors  la nécessité de ce plan par des actions difficiles à mener afin « d’améliorer et assurer la santé à long terme de l’entreprise ». 

Départs volontaires et embauches de jeunes

Dans ce cadre et dans le même temps, HP France annonce les conséquences de ce plan social dans l’hexagone où 500 postes seront supprimés, soulignant qu’il ne s’agit pas de licenciements, mais de départs basés sur le volontariat et d’un dispositif exclusif de pré-retraites.

Un plan de suppressions de postes en France qui a été finalement revu à la baisse, comme vient de le confirmer le PDG de HP France, Gérald Kasenti, sur l’antenne d’Europe 1.

Selon le dirigeant, la direction américaine a décidé, en décembre dernier, de passer de 520 à 300 suppressions de postes en France. Une décision que le PDG explique :  « Le groupe nous a laissé le temps de faire les choses intelligemment. On a lancé un programme de pré-retraites, exclusivement basé sur le volontariat (…) mais accompagné d’un plan d’embauches de jeunes pour compléter  notre pyramide d’employés (…) ». Il évoque « un système vertueux puisque les anciens, par le biais de notre université HP, pouvaient transmettre leurs savoirs aux générations suivantes ».

Le PDG confirme : « Aucun licenciement »

Gérald Kasenti a souligné que c’est au vu de ce dispositif, et parce qu’ HP « croit au potentiel de la France », que le groupe « a accepté de réviser le plan de suppressions et que nous sommes passés de 520 à 300 suppressions de postes, ce qui n’est quand même pas très fréquent ». Par ailleurs, il a confirmé qu’il n’y aura pas de licenciements.

Géant de l’électronique et de l’informatique, Hewlett-Packard Company, dont le siège est installé à Palo Alto, au coeur de la Silicone Valley, en Californie, fait partie des 40 plus grosses entreprises du monde.

Implanté dans plus de 170 pays, le groupe HP compte plus de 330 000 employés dans le monde et 1 milliard de clients. Les deux filiales françaises du groupe emploient quelque 5000 salariés.